08.04.2008
Mais ça sert à quoi un blog?
Bonne question. C'est d'ailleurs parce que je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante que je déserte ces pages en ce moment.
Il y a du pour et du contre. Quelle trouvaille me direz-vous, et vous en tirerez certainement la conclusion que je suis une fille dont l'intellect surpuissant n'a d'égal que sa capacité à vider son compte en banque dans les boutiques de fringues. Vous aurez raison, d'ailleurs mais là n'est pas la question.
En fait depuis quelques longues semaines je me demande si ça vaut le coup de continuer ou pas. La crise existentielle du bloggeur du dimanche en quelque sorte. Mais comme ma décision n'est pas encore prise, autant vous expliquer les raisons de mon manque d'assiduité.
Quand j'ai commencé ce blog, j'étais poussée par une envie d'écrire, qui ne m'a pas quittée d'ailleurs. Depuis que je sais tenir un crayon, la rédaction a toujours été ma matière préférée. Alors que mon cerveau buggait misérablement sur les divisons à un chiffre, je n'avais aucune difficulté à décrire mon chien où à raconter une journée au zoo. Je trouve d'ailleurs que les maîtresses de l'école primaire manquaient singulièrement d'imagination quant au choix des sujets de rédaction, mais bref. J'ai toujours adoré lire, aussi bien Fantômette que Flaubert et ceci explique peut-être cela. Plus tard, quand il s'est agi de rédiger des dissertations, j'ai toujours fait illusion, pas à cause de la profondeur de mes raisonnements, mais parce que je savais écrire en français. Et j'ai toujours, jusqu'à ce que je décide d'ouvrir ce blog, entretenu la douce illusion que j'étais douée pour ça.
Sauf qu'en fait, pas du tout. Et c'est justement le problème.
En bref, je me suis rendu compte qu'il existait des milliers de gens qui, en plus de savoir écrire en français, avaient l'outrecuidance de le faire avec beaucoup plus de talent que moi. Et croyez-moi, le fait d'être confronté à sa propre nullité, ça vous achèverait n'importe quel légionnaire. Et comme je suis plutôt antimilitariste...
Il ne faut pas se comparer aux autres me direz-vous. C'est vrai. Un blog est une démarche personnelle et non une compétition forcenée. Tout à fait. Mettre un terme à quelque chose que l'on aime sous le simple prétexte que d'autres le font mieux est une preuve d'égoïsme, d'inconstance, de manque de confiance en soi, bref toutes sortes de choses qui me caractérisent complètement. Je le reconnais.
En plus, passé l'euphorie des premiers moments, il faut bien admettre que la blogosphère a un petit côté "club privé", assez agaçant. Elle est constituée de communautés auxquelles il est de bon ton d'appartenir, et malgré l'anonymat, le personnage que l'on se forge au fil des posts devient une sorte de prison dont il est difficile de sortir. Si l'on ajoute à cela, le boulot, la fatigue et la paresse, la décision est vite prise d'arrêter.
Comme je suis lucide, à défaut d'autre chose, je me rends parfaitement compte que ma décision d'arrêter ou non n'influencera en rien le cours du Dow Jones. Le but n'est pas non plus de me la jouer misérabiliste genre "je suis nulle et je le sais" pour attirer des commentaires encourageants. La prochaine fois que j'écrirai, je vous conterai à nouveau mes déboires dans les cabines d'essayage, ce sera certainement plus divertissant. Mais bon,mettez-vous à ma place, se rendre compte à trente ans que l'on est pas Flaubert, c'est tout de même un sacré traumatisme!
Trois ou quatre bonnes années d'analyse devraient suffire. J'en parle à mon psy et je reviens.
18.03.2008
J'ai deux amouuuurs
Ben oui, comme dirait Blackmilk, je ne suis pas morte. Enfin pas tout à fait. Ces temps-ci, je suis comme qui dirait en manque... De temps, d'inspiration, de motivation, d'énergie, de chocolat, bref, la trêve hivernale, quoi. Je vous épargne le couplet sur la vie qui passe sans qu'on ait le temps de s'en apercevoir, vous êtes dejà au courant. Ou si vous ne l'êtes pas c'est que vous avez gagné à Euromillions le droit de profiter de chaque minute de votre temps sans vous préoccuper de futilités de bas étage du genre travailler pour gagner sa croûte et vous avez bien de la chance.
J'ai quand même réussi à secouer mon apathie le temps d'un week-end, pour faire quelque chose que je m'étais promis depuis longtemps : aller à Paris, voir si j'avais bien fait d'en partir il y a cinq ans. Eh bien la réponse est OUI.
Je n'en doutais pas vraiment, cela dit.
Il y a cinq ans, sur un coup de tête, j'ai décidé de quitter la capitale pour aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs. J'aurais pu choisir de partir en Moldavie, ou à Tombouctou, c'est bien connu, je suis trop aventureuse, comme fille. Après mûre réflexion (je ne parle pas moldave, est-ce-que Séphora a des boutiques à Tombouctou etc.), j'ai choisi la Provence, destination connue pour ses territoires inexplorés et ses tribus de cagoles aux coutumes de maquillage exotiques. Mais malgré le fait que la vie dans le sud est bien agréable, je ne pouvais pas me défendre d'une certaine nostalgie. Il y a les amis que j'ai laissé la-bas bien sûr, mais aussi l'impression de quitter le coeur de l'action (et le Bon Marché).
Trois jours plus tard et :
- une vingtaine de trajets dans le métro bondé et malodorant
- une altercation avec un pervers qui tenait absolument à mettre le Financial Times sous ma jupe (c'est un nouveau type de fantasme dont j'ignorais l'existence?)
- un passage au Bon Marché où je me suis aperçue que je ne pouvais absolument rien acheter à moins de dire adieu à mon treizième mois
- un thé chez Mariage Frères qui a coûté 25 euros (la théière était en argent, certes, mais quand même...)
... je me suis aperçue que finalement la vie en province ça n'était pas si mal. Evidemment, le Zadig et Voltaire le plus proche est à Pétaouschnock, mais au moins je peux garer ma voiture en bas de chez moi sans tourner une heure à la recherche d'une place de parking et je n'ai pas à me taper sept étages sans ascenseur pour retrouver mon appartement. Evidemment, je ne peux pas aller au Salon du Livre (dommage, parce que j'aurais bien aimé, quand même), mais autour de chez moi il y a des immenses champs de vignes et la vigne, vous en conviendrez, c'est la plus belle plante qui soit au monde.
Alors bien sûr, j'en ai profité au maximum de Paris. Et faut bien avouer, que même sous la pluie, ma chère rue Mouffetard est toujours aussi jolie. J'ai croisé des hordes de touristes chinois enthousiastes et je l'étais autant qu'eux parce que malgré tout, j'ai retrouvé cette impression de faire partie d'un monde à part. Je ne suis pas montée au sommet de la tour Eiffel, mais uniquement parce que j'ai le vertige (et accessoirement parce que j'étais trop occupée à vider mon compte en banque aux Galeries Lafayette).
Cela dit, quand au moment du retour j'ai croisé tous les parisiens qui revenaient de vacances avec l'air déconfit, je me suis dit que j'avais quand même bien de la chance de repartir vers le soleil.
D'ailleurs, quand je suis arrivée à Aix-en-Provence, il pleuvait des cordes.
Rien n'est jamais parfait, faut croire.
24.02.2008
Un dimanche à Castorama
Il y a beaucoup d'hommes qui sont pris d'un accès subit de lumbago quand on leur propose de passer l'après-midi à faire du shopping. Certains même, j'en connais au moins un, sont capables de développer un eczéma galopant à la simple mention d'un mot comme Séphora ou H&M. Ben vous savez quoi, je les comprends.
Oui, vous avez bien lu.
Sauf que moi, ce genre de maladie subite ne m'affecte pas à l'entrée des magasins de fringues ou de produits de beauté, mais à celle des magasins de bricolage. Un dimanche à Casto, c'est l'équivalent de l'enfer absolu, et je pèse mes mots. Le simple de fait de garer la voiture dans le parking me colle immédiatement un mal de dos d'anticipation et la vue de ces énormes chariots impossibles à manoeuvrer sans emporter avec soi la moitié du rayon plomberie me jette dans la déprime.
Ne soyons pas sectaires, le même genre de symptôme me saisit chez Leroy-Merlin, ou même chez Bricorama.
Mais quand on est en train de retaper une maison, on est confronté en permanence à des choix cornéliens : parquet ou carrelage? quelle couleur pour la salle de bains? sticker géant coquelicot sur la porte de la cuisine ?( non, là je rigole) Le genre de dilemme qui vous plonge dans des abîmes d'indécision.
Si l'épreuve consistait uniquement à s'interroger sur la couleur des murs de l'escalier ce serait encore supportable. Quoique quelquefois, on se demande pendant des heures la difference entre Terre de Bourgogne et Marron Glacé. (Ficelle et Argile, ça marche aussi). Et quand on s'aventure à demander un renseignement au vendeur (qu'il a d'abord fallu localiser avec un GPS, j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi dans ces magasins grands comme des terrains de foot, il y a si peu de vendeurs), on obtient des réponses comme : "le Terre de Bourgogne est un peu plus chaud, mais le Marron Glacé accroche plus la lumière.Mais ça c'est pour Dulux. Chez Ripolin, vous avez la teinte "Pain d'épice" qui est un peu un compromis des deux." Déjà que la difference entre les deux premiers m'avait échappé...
En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais toutes ces peintures aux noms délicieusement gastronomiques se trouvent dans des boîtes opaques, histoire d'aider le consommateur à choisir. Le susnommé consommateur est donc invité à se référer à la petite étiquette d'un centimètre carré se trouvant sur le couvercle de la boîte pour décider de la couleur des murs du couloir et croyez moi l'expérience n'est pas sans risque. C'est comme ça que je me suis retrouvée avec un salon jaune fluo alors que sur la boîte il y avait écrit "coquille d'oeuf".
J'ai repeint, depuis, de toute façon c'était une connerie cette histoire de coquille d'oeuf, qui a envie d'avoir un salon aux couleurs de poulailler industriel? Mais bon, passons, à la rigueur, choisir une teinte de peinture peut s'apparenter à choisir la couleur d'une veste et jusque là c'est supportable.
Mais le problème c'est qu'il faut aussi se taper tous les détails mortels, genre sous-couche d'accrochage, tuyaux en PVC ou colle pour parquet. Sans parler des sacs à gravats qu'il faut acheter par dizaines. Et l'arrivée d'eau pour la baignoire, faut la mettre où, hein, je vous le demande? Généralement, à ce stade de la visite je suis arrivée à un point de non-retour, et je pourrais promettre n'importe quoi pour qu'on me sorte de là. Sauf qu'on n'a pas même pas encore atteint le rayon électricité. Les contours de rayons deviennent flous et je ne songe plus qu'à fracasser le caddie dans la première tondeuse hors de prix que je croiserai.
Des heures après, me voici enfin arrivée à la caisse. C'est à ce moment que je me rends compte de ce que peut représenter pour un homme, le même genre d'expérience aux Galeries Lafayette. Pleine d'indulgence et de soulagement je me promets de ne plus jamais infliger ce genre de torture à qui que ce soit. Et j'entends la caissière demander d'un ton enjoué. "Et vous seriez intéressée par une carte de fidélité"?
Merci, mais non. Vraiment.