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24.02.2008

Un dimanche à Castorama

Il y a beaucoup d'hommes qui sont pris d'un accès subit de lumbago quand on leur propose de passer l'après-midi à faire du shopping. Certains même, j'en connais au moins un, sont capables de développer un eczéma galopant à la simple mention d'un mot comme Séphora ou H&M. Ben vous savez quoi, je les comprends.

Oui, vous avez bien lu.

Sauf que moi, ce genre de maladie subite ne m'affecte pas à l'entrée des magasins de fringues ou de produits de beauté, mais à celle des magasins de bricolage. Un dimanche à Casto, c'est l'équivalent de l'enfer absolu, et je pèse mes mots. Le simple de fait de garer la voiture dans le parking me colle immédiatement un mal de dos d'anticipation et la vue de ces énormes chariots impossibles à manoeuvrer sans emporter avec soi la moitié du rayon plomberie me jette dans la déprime.

Ne soyons pas sectaires, le même genre de symptôme me saisit chez Leroy-Merlin, ou même chez Bricorama.

 Mais quand on est en train de retaper une maison, on est confronté en permanence à des choix cornéliens : parquet ou carrelage? quelle couleur pour la salle de bains? sticker géant coquelicot sur la porte de la cuisine ?( non, là je rigole) Le genre de dilemme qui vous plonge dans des abîmes d'indécision.

Si l'épreuve consistait uniquement à s'interroger sur la couleur des murs de l'escalier ce serait encore supportable. Quoique quelquefois, on se demande pendant des heures la difference entre Terre de Bourgogne et Marron Glacé. (Ficelle et Argile, ça marche aussi). Et quand on s'aventure à demander un renseignement au vendeur (qu'il a d'abord fallu localiser avec un GPS, j'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi dans ces magasins grands comme des terrains de foot, il y a si peu de vendeurs), on obtient des réponses comme : "le Terre de Bourgogne est un peu plus chaud, mais le Marron Glacé accroche plus la lumière.Mais ça c'est pour Dulux. Chez Ripolin, vous avez la teinte "Pain d'épice" qui est un peu un compromis des deux." Déjà que la difference entre les deux premiers m'avait échappé... 
En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais toutes ces peintures aux noms délicieusement gastronomiques se trouvent dans des boîtes opaques, histoire d'aider le consommateur à choisir. Le susnommé consommateur est donc invité à se référer à la petite étiquette d'un centimètre carré se trouvant sur le couvercle de la boîte pour décider de la couleur des murs du couloir et croyez moi l'expérience n'est pas sans risque. C'est comme ça que je me suis retrouvée avec un salon jaune fluo alors que sur la boîte il y avait écrit "coquille d'oeuf".
J'ai repeint, depuis, de toute façon c'était une connerie cette histoire de coquille d'oeuf, qui a envie d'avoir un salon aux couleurs de poulailler industriel? Mais bon, passons, à la rigueur, choisir une teinte de peinture peut s'apparenter à choisir la couleur d'une veste et jusque là c'est supportable.

Mais le problème c'est qu'il faut aussi se taper tous les détails mortels, genre sous-couche d'accrochage,  tuyaux en PVC ou colle pour parquet.  Sans parler des sacs à gravats qu'il faut acheter par dizaines. Et l'arrivée d'eau pour la baignoire, faut la mettre où, hein, je vous le demande?  Généralement, à ce stade de la visite je suis arrivée à un point de non-retour, et je pourrais promettre n'importe quoi pour qu'on me sorte de là. Sauf qu'on n'a pas même pas encore atteint le rayon électricité. Les contours de rayons deviennent flous et je ne songe plus qu'à fracasser le caddie dans la première tondeuse hors de prix que je croiserai.  

Des heures après, me voici enfin arrivée à la caisse. C'est à ce moment que je me rends compte de ce que peut représenter pour un homme, le même genre d'expérience aux Galeries Lafayette. Pleine d'indulgence et de soulagement je me promets de ne plus jamais infliger ce genre de torture à qui que ce soit. Et j'entends la caissière demander d'un ton enjoué. "Et vous seriez intéressée par une carte de fidélité"?

Merci, mais non. Vraiment.  

 

20.02.2008

Littérature et politique - si, si je vous jure.

L'autre jour j'étais à la librairie.

Je cherchais un livre.

Ouais, je sais, c'est normal.

Quand tout à coup, un jeune et séduisant vendeur me demande si par hasard il pourrait m'aider dans mon choix.

Vu que le vendeur, il est justement jeune et séduisant, avec un air intellectuel qui ne gâche rien, je n'ai pas trop envie de lui dire que j'hésite entre "Un été de passions" collec "Tentation" de Harlequin et "Le Kama Sutra pour les super Nuls".

En plus, cédant à un réflexe racoleur de bas étage, j'étais justement en train de feuilleter le dernier bouquin sur la rupture de Cecilia et Nico. Le genre de truc qui contribue à approfondir ma culture générale, quoi.

Le vendeur, toujours aussi jeune et séduisant, me demande si je suis interessée par la litterature politique. Mais ses avant-bras qui replacent la pile de bouquins sur Carla, que j'avais malencontreusement déplacée m'empêchent de me concentrer sur ses paroles.

Oui, ses avant-bras (qui dépassent de sa chemise retroussée). Dans une librairie,les gens sont habillés en général, pas facile de fantasmer sur autre chose.

30 longues secondes plus tard, je réalise qu'il attend une réponse. Et là je bafouille qu'en fait, je cherchais une biographie de Pierre Mendès-France. Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai dit ça. Mais je suis récompensée par un sourire appréciateur et très contente de ne pas avoir fait allusion à Danielle Steel.

Il s'éloigne en me disant qu'il va chercher l'escabeau. De toute façon, vu mon état de catatonie avancée, je suis incapable de bouger d'un pouce.

Quelques instants plus tard, les avant-bras reviennent avec l'escabeau. La chemise se relève légèrement, révelant un coude parfait, unique, magique, merveilleux. Un centimètre de plus et c'est l'orgasme.

Mais, voilà il a trouvé. Il redescend et sa chemise reprend sa place. Il me demande si je suis étudiante et d'un coup je le trouve encore plus beau. Nos mains se frôlent quand il me donne le livre. La simple vue de ses poignets me donne chaud, je crois que...

"Excusez-moi..." J'entends une voix féminine derrière moi.

C'est Pamela Anderson en plus jeune et beaucoup moins vulgaire. Une lueur d'intérêt s'allume dans l'oeil du demi-dieu de la librairie. "Vous auriez L"histoire de la pensée Occidentale"?

Ptain, mais c'est pas possible! Elle pourrait pas réclamer du Barbara Cartland comme tout le monde?

Oui, bien sûr mademoiselle, je vais vous le chercher. Et il lui refait le coup de l'escabeau. Je vois le regard de la fille s'attarder sur ses avant-bras. Pire que dans la pub Axe, si vous voyez ce que je veux dire.

Il me congédie d'un hâtif, "au revoir Madame, et merci".

Madame, donc. Je te rappelle qu'il y a 5 minutes, tu me demandais si j'étais étudiante et j'étais en train de me faire un film pour adultes dans ma tête juste en regardant tes poignets.

Pouffiasse de Pamela.

11.02.2008

Je suis de bonne bonne bonne, bonne humeur ce matin

Y'a des matins ou on se réveille l'humeur allègre et les yeux miraculeusement non cernés. Ce sont ces matins-là où on déniche LA petite robe qu'on avait oubliée au fond du placard et où on a le temps de se faire un café en rêvant à Ouadelsse devant sa Nespresso. Ces jours-là, peu importe qu'il gèle dehors où que votre patron ait une haleine de fosse septique,  ces jours-là ne peuvent qu'être réussis.

Mais quand on se réveille avec des yeux de lapin myxomatosé pour cause de conjonctivite surprise, qu'on file trois paires de collants (50 deniers, les collants, donc quasi-impossibles à filer à moins d'être particulièrement efficace dans ce domaine et c'est mon cas), qu'on arrive en retard au boulot pour cause d'échange de mots orduriers avec un conducteur de tracteur bien décidé à rouler à gauche et qu'il n'est que 9h du matin, on peut avancer sans prendre de libertés excessives que la journée n'augure rien de bon.

Je vous épargne les détails, c'était une journée pourrie de toute façon. Demain, je reste au lit.

06.02.2008

J'ai fait un rêve

 Ben oui, ça n'arrive pas qu'à Martin Luther King.  Sauf que moi, quand je fais des rêves, après je ne suis plus très sûre d'être saine d'esprit.

Je vous raconte les principales étapes :

Je dois aller à l'anniversaire de Sylvester Stallone. Mais comme il habite à l'étranger, je suis invitée pour quelques jours.
J'essaye donc faire ma valise mais je n'y arrive pas : (mon portable sonne et en le cherchant je marche dessus, je ne trouve pas ma crème solaire, le seul maillot de bain que j'arrive à dénicher est vert fluo, bref je galère).
Tout en me préparant, je cherche une idée de cadeau et décide de lui acheter de la pâte à modeler.
Et là, je fais tomber de la cire dépilatoire chaude sur mon cochon d'Inde.
Comme l'heure tourne et que je ne suis toujours pas prête, je décide d'appeler Sylvester et de le prévenir que j'aurai un peu de retard rapport à mon cochon d'Inde qui a eu un regrettable accident. Il me répond en anglais et avec la voix de Rambo quand il est en train de cogner sur un chinois méchant dans la jungle :  "pas de problème, chérie (sic) prends ton temps..." et immédiatement après : "tu es habillée comment?"
Sauf que comme j'ai marché sur mon téléphone, il ne marche plus très bien et la communication est coupée, juste avant que j'ai pu savoir s'il était en train d'entamer une conversation érotique.
Et c'est sur cet insondable mystère que je me suis réveillée.

Pour ce que ça vaut, procédons à une rapide mise au point :

- Rambo, ce n'est vraiment pas, mais alors vraiment pas mon type de mec 
- Je n'ai pas de maillot de bain vert fluo.
- Et encore moins de cochon d'Inde
- Quant à la pâte à modeler, vraiment, c'est un mystère.

Si ça vous dit de jouer les Sigmund Freud...Parce que là, j'ai beau chercher, je ne vois pas ce que ça peut bien vouloir dire.  Et si vous pouviez EVITER de me dire que je fantasme sur une relation intime au cours de laquelle Rambo me prendrait pour de la pâte à modeler ça m'arrangerait. Et je ne suis pas non plus une tortionnaire d'animaux, juste au cas où vous vous poseriez la question. Pour le reste par contre je suis perplexe... vous avez une idée?

 

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