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18.03.2008
J'ai deux amouuuurs
Ben oui, comme dirait Blackmilk, je ne suis pas morte. Enfin pas tout à fait. Ces temps-ci, je suis comme qui dirait en manque... De temps, d'inspiration, de motivation, d'énergie, de chocolat, bref, la trêve hivernale, quoi. Je vous épargne le couplet sur la vie qui passe sans qu'on ait le temps de s'en apercevoir, vous êtes dejà au courant. Ou si vous ne l'êtes pas c'est que vous avez gagné à Euromillions le droit de profiter de chaque minute de votre temps sans vous préoccuper de futilités de bas étage du genre travailler pour gagner sa croûte et vous avez bien de la chance.
J'ai quand même réussi à secouer mon apathie le temps d'un week-end, pour faire quelque chose que je m'étais promis depuis longtemps : aller à Paris, voir si j'avais bien fait d'en partir il y a cinq ans. Eh bien la réponse est OUI.
Je n'en doutais pas vraiment, cela dit.
Il y a cinq ans, sur un coup de tête, j'ai décidé de quitter la capitale pour aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs. J'aurais pu choisir de partir en Moldavie, ou à Tombouctou, c'est bien connu, je suis trop aventureuse, comme fille. Après mûre réflexion (je ne parle pas moldave, est-ce-que Séphora a des boutiques à Tombouctou etc.), j'ai choisi la Provence, destination connue pour ses territoires inexplorés et ses tribus de cagoles aux coutumes de maquillage exotiques. Mais malgré le fait que la vie dans le sud est bien agréable, je ne pouvais pas me défendre d'une certaine nostalgie. Il y a les amis que j'ai laissé la-bas bien sûr, mais aussi l'impression de quitter le coeur de l'action (et le Bon Marché).
Trois jours plus tard et :
- une vingtaine de trajets dans le métro bondé et malodorant
- une altercation avec un pervers qui tenait absolument à mettre le Financial Times sous ma jupe (c'est un nouveau type de fantasme dont j'ignorais l'existence?)
- un passage au Bon Marché où je me suis aperçue que je ne pouvais absolument rien acheter à moins de dire adieu à mon treizième mois
- un thé chez Mariage Frères qui a coûté 25 euros (la théière était en argent, certes, mais quand même...)
... je me suis aperçue que finalement la vie en province ça n'était pas si mal. Evidemment, le Zadig et Voltaire le plus proche est à Pétaouschnock, mais au moins je peux garer ma voiture en bas de chez moi sans tourner une heure à la recherche d'une place de parking et je n'ai pas à me taper sept étages sans ascenseur pour retrouver mon appartement. Evidemment, je ne peux pas aller au Salon du Livre (dommage, parce que j'aurais bien aimé, quand même), mais autour de chez moi il y a des immenses champs de vignes et la vigne, vous en conviendrez, c'est la plus belle plante qui soit au monde.
Alors bien sûr, j'en ai profité au maximum de Paris. Et faut bien avouer, que même sous la pluie, ma chère rue Mouffetard est toujours aussi jolie. J'ai croisé des hordes de touristes chinois enthousiastes et je l'étais autant qu'eux parce que malgré tout, j'ai retrouvé cette impression de faire partie d'un monde à part. Je ne suis pas montée au sommet de la tour Eiffel, mais uniquement parce que j'ai le vertige (et accessoirement parce que j'étais trop occupée à vider mon compte en banque aux Galeries Lafayette).
Cela dit, quand au moment du retour j'ai croisé tous les parisiens qui revenaient de vacances avec l'air déconfit, je me suis dit que j'avais quand même bien de la chance de repartir vers le soleil.
D'ailleurs, quand je suis arrivée à Aix-en-Provence, il pleuvait des cordes.
Rien n'est jamais parfait, faut croire.